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Lettre des réseaux de chercheurs et des collectifs sur les cultures, les didactiques, les langues et les littératures

Rencontre institutionnelle

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Rencontre institutionnelle : le comité de coordination et de suivi du programme

4e réunion annuelle du comité de coordination et de suivi du programme Langue française, diversité culturelle et linguistique, Paris, 1er et 2 octobre 2009

Cette réunion, consacrée essentiellement à une discussion autour d’un projet de réorganisation du programme, se voulait particulière aussi par son ouverture à une participation large, d’où la présence du soussigné et de deux autres membres du conseil scientifique de l’AUF, Sylvie Dubois et Raymond-Philippe Garry.

La réunion s’est articulée principalement autour de 3 phases : présentation par le Vice-Recteur Abderrahmane Lellou de nouvelles lignes directrices pour les actions de programmes, discussion de ces nouvelles orientations, premières propositions d’organisation des collectifs de recherche, appelés à remplacer les réseaux. À ces 3 éléments se sont ajoutées certaines synthèses chiffrées quant aux activités des réseaux et du programme en général ainsi qu’une rencontre avec les partenaires extérieurs multilatéraux.

Dans ce rapport, nous ne rendons compte que des 3 phases concernant la réorganisation du programme.

Présentation des nouvelles orientations

Dans son propos, le vice-recteur a annoncé que l’AUF entendait financer des projets/actions et non plus des réseaux. Ceux-ci ont montré leurs limites, même dans le cas où ils sont gérés de manière dynamique et responsable. Ils entretiennent un lien paradoxal avec l’AUF, les réseaux de chercheurs bénéficiant d’une subvention de fonctionnement dont l’objet est mal défini puisque leurs actions sont financées par ailleurs, les réseaux institutionnels lui versant une cotisation et en recevant tout à la fois un subside. La structure en réseaux tend à ouvrir insuffisamment l’accès à de nouveaux partenaires et à confisquer insensiblement une problématique de recherche. Dans le pire des cas, la structure finit par s’essouffler et ne plus rien produire de nouveau. Dans le meilleur des cas, elle contribue à mettre en place des sous-structures susceptibles de s’autonomiser et de subsister, tout aussi – voire plus – efficacement en dehors du soutien fourni et des contraintes imposées par l’AUF. Dans l’entre-deux, on voit aussi des réseaux qui ont tendance à se réduire à un projet, certes fort mais ne justifiant pas un réseau de cette nature. Le Vice-Recteur Lellou a insisté sur le fait que les réseaux peuvent et doivent sans doute continuer à exister, mais indépendamment du cadre de l’AUF. Ils résultent de dynamiques scientifiques profilées qui peuvent conduire à solliciter des projets, à concourir sur des appels ouverts par l’AUF, mais dont l’existence ne saurait dépendre de cette dernière.

La nouvelle formule consiste à financer non plus des réseaux mais des projets. Ceux-ci pourront bénéficier d’un appui majeur, dans une temporalité plus généreuse équivalant à 2 périodes de 2 ans chacune, la seconde étant conditionnée à une évaluation de la première. Un projet de 4 ans peut ainsi nourrir des ambitions importantes et, le cas échéant, trouver des prolongements dans de nouveaux projets. Ceci garantit dynamisme, ouverture et qualité. Par ailleurs, l’AUF entend soutenir un nombre maîtrisé d’actions significatives plutôt que de privilégier une perspective quantitative qui mesurerait ses activités sur la base essentielle d’un nombre de colloques subventionnés ou de bourses octroyées. À ce propos, les projets auront aussi pour mission de renforcer la formation des jeunes chercheurs, le but premier n’étant pas de créer des événements à travers une accumulation de rencontres scientifiques.

Au sein du programme 1, on propose tout de même de structurer a minima la communauté des chercheurs, de manière à pouvoir profiler des appels d’offres ou y répondre. Le réseau n’étant plus à l’ordre du jour, on imagine une organisation en collectifs de recherche réunis autour de pôles. Le pôle implique la structure, centrée sur un domaine, le collectif regroupe les personnes concernées et intéressées par le domaine. On envisage 4 collectifs à l’intérieur du programme 1 : langues, littératures, cultures, didactiques. Ces collectifs seraient ouverts et à géométrie variable, et susceptibles de s’organiser à l’interne de manière relativement autonome.

Discussion des nouvelles orientations

La discussion qui a suivi la présentation de ces nouvelles orientations a fait état d’une inquiétude quant à la disparition des réseaux de chercheurs sous leur forme actuelle. On a souligné la force de certains d’entre eux, leur crédibilité auprès des établissements d’enseignement supérieur et leur présence symboliquement forte dans la communauté scientifique. On a insisté sur le nécessaire ancrage régional des projets, qui doivent répondre aux besoins locaux. On a aussi relevé la délicate question de l’évaluation des projets, et la nécessaire définition d’indicateurs de développement professionnel. Il s’agira ainsi de circonscrire, au-delà du rôle propre de la direction du programme, ce que le COSP gérera et ce que les collectifs de recherche assumeront, avec l’aide très probable d’évaluateurs externes sollicités pour des occasions précises. Les collectifs réfléchiront alors à des formes d’organisation impliquant les bureaux régionaux de l’AUF, et constitueront des comités scientifiques ad hoc pour la rédaction et le suivi des appels à projets. Malgré cela, plusieurs interventions ont manifesté une crainte de voir disparaître les réseaux du paysage de l’AUF, plaidant pour leur maintien à côté des collectifs.

Les membres du conseil scientifique se sont alors exprimés en faveur d’une simplification des structures de l’AUF, autorisant une meilleure lecture interne, condition indispensable à une communication plus efficace vers l’extérieur. Il s’agit de permettre une meilleure visibilité – ce qui suppose une plus grande lisibilité – des actions de même qu’une identification facilitée des acteurs. Maintenir à la fois les réseaux et les collectifs représenterait une mauvaise option, mais le passage aux collectifs doit se faire sur la récupération des points forts des réseaux. Par ailleurs, certaines forces reposent sur les établissements, les disciplines, les associations, et les synergies doivent être maintenues et enrichies avec ces différents niveaux d’action.

Propositions pour l’organisation des collectifs de recherche

Suite à la discussion générale, les membres du COSP élargi se sont réunis autour des pôles identifiés pour la constitution de collectifs de recherche. Les domaines « littératures » et « didactiques » s’appuyaient sur des réflexions déjà structurées sous la forme de textes fondateurs. Le domaine « cultures », représenté par un seul réseau, procédera à la fondation d’un collectif Diversité culturelle et mondialisations à l’occasion des journées scientifiques prévues à Beyrouth en mai 2010. Le domaine « langues » a débouché sur des propositions en lien assez direct avec les réseaux existants.

Il ressort de la concertation des groupes une acceptation de la nouvelle organisation en collectifs. Dans tous les cas, ces derniers s’entendront sur des axes prioritaires, qui donneront lieu à des projets de recherche, d’intervention ou de formation. Ils identifieront et/ou solliciteront des appels d’offres sur la base d’une consultation aussi large que possible de leurs membres. À ce stade, on observe toutefois une variété d’options ou une zone de flou quant à l’organisation des collectifs (quelle structure de veille scientifique ? quelle instance d’expertise ? quelles modalités d’animation et de suivi du collectif de recherche ?) et les modalités d’appels à projets. Sur ce dernier point, le collectif « didactiques » propose de solliciter, dans un premier temps, des lettres d’intention ou esquisses de projets. Cette procédure permettrait de recueillir de nombreuses propositions, d’identifier des zones de convergence, de solliciter des synergies et, dans tous les cas, de fédérer de manière étendue les forces vives du domaine.

Soulignons aussi que les collectifs de recherche ne sont pas des structures imperméables aux autres collectifs, et que des thématiques données peuvent les amener à collaborer. On pensera par exemple à l’axe « observation et action sur les langues » du collectif « langues », qui entrera en dialogue avec l’axe « politique linguistique des systèmes éducatifs et universitaires » du collectif « didactiques ».

En fin de réunion, il a été procédé à la désignation d’un représentant par collectif comme délégué au sein du bureau du COSP. Pour 2010, on retiendra les noms suivants : Marc Van Campenhoudt (langues), Marie-Rose Abomo-Maurin (littératures), Patrick Vauday (cultures) et Pierre Dumont (didactiques).

Laurent Gajo
Université de Genève
Membre du conseil scientifique de l’AUF